L’art et la nature

Henri Matisse – Nymphe dans la forêt

« …Pour lui (Matisse), ….la nature… (est)… faite non pour être représentée mais pour être recréée, jusqu’à ce que le spectateur puisse sentir, palper, toucher, être en communion avec la vision de l’artiste et ses sentiments. »

                                                                 Françoise Gilot – Matisse et Picasso 

 

Pour ma part j’adhère complètement à ce concept. La nature existe par elle-même, il n’est point besoin de la copier, de la plagier.

Je respecte et j’admire le travail effectué par les peintres réalistes qui révèlent la nature sur leur toile, en reproduisent la beauté et les atmosphères changeantes.

Mais mon esprit a besoin de liberté. Il m’est nécessaire de pouvoir voyager dans un tableau, et d’y découvrir à chaque fois un autre univers. Le réalisme est à mes yeux un monde fermé car il m’ôte toute possibilité de rêverie et d’évasion. La création c’est aussi la liberté des formes et des couleurs.

En cela Matisse, Picasso, et avec eux les artistes du fauvisme, de l’expressionnisme et plus tard de l’abstraction lyrique se sont libérés de cette stricte réalité. Ils ont recréé la nature en faisant naître dans leurs tableaux un monde nouveau aux formes et aux couleurs sans doute improbables, mais ô combien enthousiasmantes à mes yeux.

C’est pourquoi je me retrouve bien plus dans mes séries « Transferts » que dans tout travail antérieur. Les « Transferts » sont le résultat de l’expression de mes visions et de mes sentiments au moment de leur création. Ils sont moi, ils sont ma vie.